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Au procès de l’attentat du quartier de l’Opéra, l’héritage traumatique d’une famille de réfugiés politiques : « Je ne voulais plus être tchétchène »

Au premier jour du procès, la mère de l’accusé, originaire de Tchétchénie, a raconté comment les fantômes de la guerre dans son pays natal, réveillés par le conflit syrien, ont fait basculer son fils dans l’idéologie djihadiste.

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« Je ne suis pas là pour défendre mon fils, il a des avocats et c’est leur rôle. » En se présentant à la barre des témoins, mercredi 25 octobre, au premier jour du procès de l’attentat du quartier de l’Opéra, à Paris, qui avait fait un mort et plusieurs blessés, le 12 mai 2018, la mère de l’accusé va faire bien plus que défendre son fils. Elle va donner un sens et une incarnation à la question qui occupe tous les esprits : comment penser la spécificité de la radicalisation d’un jeune Français issu d’une famille de réfugiés tchétchènes ayant fui la guerre ?

Son fils, Abdoul Hakim Anaiev, 26 ans, est jugé devant la cour d’assises spéciale de Paris pour avoir influencé idéologiquement son meilleur ami, Khamzat Azimov, né en Tchétchénie comme lui, qui avait attaqué plusieurs passants au couteau avant d’être abattu par la police. Cet attentat était le premier perpétré par un homme originaire du Caucase du Nord, avant les assassinats terroristes de deux enseignants, Samuel Paty, en octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), et Dominique Bernard, le 13 octobre, à Arras. Malgré son faible poids démographique en France, la communauté tchétchène est surreprésentée dans la thématique djihadiste, estiment les services de renseignement.

Derrière les statistiques et les analyses sécuritaires, Zelikha T., 49 ans, va raconter les deux décennies de fantômes et de déni qui ont accompagné sa famille depuis qu’elle a quitté la Tchétchénie, en 2001. Son fils avait alors 4 ans. Elle était professeur d’anglais. Dans un Français presque parfait, vêtue d’un chemisier blanc, des boucles dorées aux oreilles, elle dit d’abord sa honte, l’insupportable paradoxe historique qui consiste à voir aujourd’hui accolé à sa famille le terme de « terroriste », ce même mot utilisé par Moscou pour justifier les massacres commis sur son peuple lors des deux guerres de Tchétchénie, entre les années 1990 et la fin des années 2000.

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« Ce mot de terroriste est atroce, je le déteste »

« Je voulais partager avec vous la douleur de cette charge que porte une mère dont le fils est jugé pour des actes en lien avec le terrorisme. Ce mot est atroce, je le déteste. Moi-même, j’avais l’âge qu’a mon fils aujourd’hui quand nous étions massacrés par la Russie car nous étions considérés comme des terroristes. Tout cela se passait dans le silence presque total de la communauté internationale, parce que cela se faisait au nom de la lutte contre le terrorisme. Ce mot de terroriste nous a été collé, c’est trop difficile de supporter ça aujourd’hui. »

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