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Sénégal: des milliers de personnes manifestent dans le calme à l'appel de Yewwi Askan Wi

Prévue depuis la semaine dernière, la mobilisation intervient après la décision du Conseil constitutionnel qui a invalidé la liste nationale des titulaires de Yewwi Askan Wi pour les législatives du 31 juillet, suite à une erreur dans la confection de cette liste. Des leaders, en premier lieu Ousmane Sonko, sont donc écartés de la course. La manifestation, autorisée, s’est déroulée pacifiquement.

Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

Dès le début de l’après-midi, les militants sont arrivés au fur et à mesure, de loin pour certains, sous le soleil, avec des drapeaux aux couleurs du Sénégal, des banderoles, des sifflets… Sur la scène installée place de la Nation, les leaders de la coalition prennent la parole tour à tour. Ousmane Sonko est présent, comme Barthélémy Dias le maire de Dakar, ou Khalifa Sall, ancien édile de la capitale.

Pour Ousmane Sonko, cette manifestation marque le début de la campagne pour les législatives : « Quand un ordre est manifestement illégal, il faut désobéir », lance l'opposant qui clame : « notre seul ennemi est Macky Sall. »

Les discours dénoncent une fois de plus la décision du Conseil constitutionnel, qualifiée de « forfaiture », considérée comme une stratégie du pouvoir pour barrer la route aux principales figures de l’opposition. De nombreux manifestants expriment leur méfiance vis-à-vis de la justice. Ce qui revient aussi sur les pancartes, c’est le slogan « non à un troisième mandat », cette éventuelle troisième candidature de Macky Sall en 2024, une question sur laquelle le chef de l’État n’a pas clairement tranché.

Plusieurs milliers de personnes ont répondu à l'appel de la principale coalition de l'opposition, le 8 juin à Dakar.
Plusieurs milliers de personnes ont répondu à l'appel de la principale coalition de l'opposition, le 8 juin à Dakar. © Charlotte Idrac/RFI

Une cohabitation à l'Assemblée

Les manifestants dénoncent la gouvernance, la cherté de la vie, mais aussi un manque d’indépendance de la justice et mettent en cause le ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome, chargé de l’organisation des élections. « Comme il n'est pas capable de démissionner, on exige de Macky Sall qu'il amène une personne équitable pour organiser les élections », prévient Barthélémy Dias maire de Dakar et tête de liste pour le département.

« Nous imposerons la cohabitation à l’Assemblée », assurent les manifestants. Et cela notamment grâce à une alliance avec la coalition Wallu Senegal de l’ancien président Abdoulaye Wade, affirme l’ex-maire de Dakar Khalifa Sall. Pour les responsables de Yewwi Askan Wi, cette manifestation est « un avertissement » pour « faire pression » sur le pouvoir. Calme et pacifique, elle a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Un important dispositif des forces de l’ordre avait été déployé à proximité de la place.

De leur côté, les leaders de la coalition au pouvoir avaient appelé mardi soir à respecter les décisions du Conseil constitutionnel, ils accusent l’opposition de Yewwi Askan Wi de créer l’instabilité, d’appeler à la violence et de menacer les institutions.