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«Sans activité humaine, ces températures auraient été impossibles»

Plus de 50 degrés dans la vallée de la Mort aux États-Unis, un record historique de 45,3°C en Catalogne, plus de 43°C à Phoenix depuis 24 jours : sans le changement climatique, de telles canicules auraient été « quasiment impossibles » en Europe et aux États-Unis, démontre mardi le réseau World Weather Attribution (WWA). Les scientifiques de l'initiative ont collaboré pour évaluer dans quelle mesure le changement climatique induit par l'homme a modifié la probabilité et l'intensité des chaleurs extrêmes de juillet dans ces trois régions.

Les principales conclusions de cette étude sont claires : les températures extrêmes que nous observons dans le monde entier n’auraient jamais eu lieu sans le changement climatique causé par l'activité humaine. « Nous avons vu beaucoup de gens dans les médias se demander ‘est-ce notre nouvelle norme ? », constate le Dr Clair Barnes, chargée de recherche dans l'analyse et l'interprétation des données climatiques pour les phénomènes météorologiques extrêmes au WWA. 

« Si nous continuons à brûler des combustibles fossiles, nous continuons à émettre du CO2 et d'autres gaz à effet de serre, le climat va continuer à se réchauffer. Il se peut qu'un jour, nous regardions en arrière en nous disant qu'il s'agissait d'un été frais en 2023. Et effectivement, ces événements vont devenir de plus en plus fréquents. »

Selon la chercheuse, ce type de températures extrêmes aurait été « totalement impossible » à l'époque préindustrielle. Et il faudrait agir dès aujourd’hui pour ralentir l’inévitable. « La distribution des températures s'est essentiellement déplacée, de sorte que le type de températures moyennes que nous aurions observées à l'époque préindustrielle aurait été de deux degrés et demi plus froid dans le sud de l'Europe », poursuit-elle. « Les températures que nous observons sont anormalement chaudes, même dans le climat actuel. L'évolution des températures et les conclusions sont tout à fait conformes aux avertissements du Giec. » 

Des chiffres alarmants 

Une chaleur maximale de 53,3°C aux États-Unis, comme celle du mois de juillet 2023, aurait été pratiquement impossible à atteindre dans la région, si l'homme n'avait pas réchauffé la planète en brûlant des combustibles fossiles. Les scientifiques du WWA ont constaté que les vagues de chaleur définies sont entre 1 et 2,5° plus chaudes selon les régions. 

Conformément aux prévisions des projections climatiques antérieures et des rapports du Giec, ces événements ne sont plus rares aujourd'hui : un événement comme celui qui se produit actuellement étant attendu environ une fois tous les 15 ans dans la région États-Unis/Mexique, une fois tous les 10 ans dans le sud de l'Europe et une fois tous les 5 ans en Chine. 

« C'est toujours le problème avec la communication de l'augmentation des températures, parce que cela ne semble pas beaucoup, 1°C », explique Clair Barnes. « Mais toute notre agriculture, toutes nos infrastructures sont conçues pour exister dans le climat actuel. Et si nous continuons à repousser les limites de ce que notre climat actuel peut faire, nous allons commencer à nous heurter aux limites de notre système de vie préalablement installé. »

Une autre étude a démontré récemment qu’il faut s’attendre à une augmentation de 30% du nombre de jours pendant lesquels nous aurons besoin de l'air conditionné pour rendre le climat vivable en Europe du Nord. 

Impacts de plus en plus phénoménaux

Le WWA, un groupe de scientifiques internationaux qui évalue le rôle du changement climatique dans les phénomènes météorologiques extrêmes, a passé une semaine à analyser les dangereuses vagues de chaleur qui ont balayé l'hémisphère nord en juillet, détruisant les cultures et le bétail, déclenchant des incendies de forêt, exacerbant le stress hydrique et tuant des personnes sur trois continents.

En Chine, c’est un événement qui, pré-ère industrielle, aurait dû se produire environ une fois tous les 250 ans. À présent, il faut s’attendre à ce que ces événements de chaleur extrême se produisent tous les deux à cinq ans dans le pays. « Nous voyons déjà dans les informations à quel point ces chaleurs ont un impact. Il y a des incendies de forêt en Grèce, mais aussi au Canada, dans le monde entier. Ce genre d'événements est plus susceptible de se propager et de devenir incontrôlable, car les températures sont très élevées, ce qui entraîne un assèchement des combustibles. »

Plus de 60 000 personnes sont mortes au cours des dernières années, parmi elles des cas immédiats de personnes mortes de stress thermique en Grèce et en Italie, car elles travaillaient au soleil. « Il y a toute une série de conséquences qui vont avoir des impacts immédiats sur la santé humaine. Et il y a des risques à plus long terme liés à ces sécheresses surviennent potentiellement dans les régions les plus pauvres et entraînent l'insécurité alimentaire. »

Les auteurs du rapport jugent « absolument essentiel » l'adoption d'une législation internationale sur l'élimination progressive des fossiles lors de la 28ᵉ conférence climat des Nations unies, en novembre à Dubaï.