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Royaume-Uni: le système de santé du pays, le NHS, célèbre ses 75 ans sur fond de crise hospitalière

Le Royaume-Uni célèbre les 75 ans du National Health Service, le système de santé publique et de sécurité sociale, ce mercredi 5 juillet. Très populaire chez les Britanniques, le NHS est l’un des piliers de la société de l’après-guerre, mais qui connaît maintenant des ratés.

Avec notre correspondante à Londres, 

En termes de symbole national, le NHS est presque aussi important pour les Britanniques que la monarchie, et même plus ! Suivant les sondages, les pourcentages et la position varient mais le NHS appartient toujours au top 3 des institutions préférées des Britanniques, aux côtés des pompiers, du fish and chips, et de l’histoire nationale. La famille royale stagne, elle, autour de la cinquième position.

Le National Health Service date de 1948.  À l’époque, le Royaume-Uni se remet difficilement de la Seconde guerre mondiale et pose les bases d’un État-providence. Parmi ces principes, il, y a un accès universel, gratuit, à la santé.  Tous les Britanniques imposables paient une cotisation, la Contribution à l’Assurance nationale, qui participe à financer le NHS. En échange, les rendez-vous chez le médecin, les urgences et le suivi à l’hôpital, sont « gratuits ». Du moins, les patients n’ont rien à débourser.

Le système bien différent du reste du monde anglo-saxon, des États-Unis par exemple, où l’accès à la santé coûte très cher. Pas étonnant donc que les Britanniques soient si fiers de leur sécurité sociale. Une fierté qui a vécu son apogée pendant la pandémie, avec des applaudissements pour les soignants tous les soirs et l’affichage d’arc-en-ciel, le symbole du NHS, sur toutes les fenêtres.

Un poste sur 10 non pourvu chez les soignants

Il n’est pas étonnant non plus que le pays marque ce 75e anniversaire. Mais ce vieux monsieur qu’est le NHS traverse des difficultés.Rien qu’en Angleterre, plus de 7 millions de Britanniques attendent un rendez-vous avec un spécialiste. Des patients qui ont besoin d’une prothèse de hanche par exemple ou dont la vue se détériore et qui attendent des mois, parfois des années avant d’être admis en consultation. Pour certains, c’est « seulement handicapant ». Mais pour d’autres, cela représente une réelle perte de chances de guérison. C'est le cas pour les enfants par exemple, dans le domaine de la psychiatrie ou encore de la cardiologie.

Tout cela, c’est du côté des patients, mais chez les soignants non plus, ce n’est pas un anniversaire joyeux. Quasiment un poste sur 10 n’est pas pourvu. Les salaires augmentent, mais à un rythme inférieur à l’inflation depuis plus de 15 ans et l’austérité qui a suivi la crise de 2008. L’hôpital ne fait plus rêver, et depuis le début de l’année, les grèves se multiplient, à la fois pour réclamer de meilleures conditions salariales mais surtout un meilleur environnement pour la santé des Britanniques.

Le système de santé n’est déjà plus universel. C’est même un accès à deux vitesses : les plus fortunés partent dans le privé pour éviter les listes d’attente, et les plus vulnérables économiquement se retrouvent à devoir patienter. Ces 12 derniers mois, un Britannique sur 8 a dû avoir recours au privé.

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