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Législatives en Espagne: début d’une campagne dans laquelle Pedro Sanchez joue va-tout

Ce jeudi 6 juillet, c’était le premier jour officiel de la campagne électorale des législatives générales du 23 juillet. Les principaux partis politiques et candidats fourbissent leurs armes. À gauche, le socialiste Pedro Sanchez lutte pour se maintenir au pouvoir. À droite, le conservateur, Alberto Nuñez Feijoo espère bien le détrôner, fort des sondages qui le donnent favori.

Avec notre correspondant à Madrid,

Le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, a ouvert la campagne et fait son premier meeting à la gare Principe Pio, à Madrid. L’enjeu, pour Pedro Sanchez, c’est de voir si son coup de poker va fonctionner ou non. Le 28 mai, lui et son parti socialiste, le PSOE, ont subi une déroute au scrutin local et régional, ils ont perdu des grandes villes comme Valence, Valladolid ou Gijón.

Normalement, les législatives générales étaient prévues en décembre, mais, à la surprise générale, Pedro Sanchez les a avancées à cette fin juillet. Pour clarifier les choses, dit-il. C’est-à-dire pour ne pas subir une agonie de plusieurs mois jusqu’à l’hiver et compter ses forces le plus vite possible. Le chef du gouvernement espagnol veut tenter de mobiliser la gauche au maximum en disant à son électorat : « Voici les résultats de mon mandat, je pense avoir un bon bilan. J’ai besoin de savoir si vous me soutenez pour continuer ou pas. »

Le conservateur Alberto Nuñez Feijoo, favori des sondages

En face, son grand adversaire, c’est le conservateur Alberto Nuñez Feijoo, le tout nouveau leader du parti populaire. Les sondages le donnent favori. Lui ouvre sa campagne dans son village natal, en Galice.

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Tout est à son avantage a priori. Il a repris les rênes du parti populaire récemment, il a une image de sérieux, il n’a pas de casserole judiciaire comme d’autres dirigeants de la droite, il incarne l’ordre. Et surtout, il a réussi à diffuser l’idée, lui et les médias de droite, que Pedro Sanchez, c’est le pire : un homme qui s’allie avec l’extrême gauche de Podemos, les sécessionnistes en Catalogne et les supposés nostalgiques de l’organisation terroriste ETA au Pays basque.

Pedro Sanchez, ou plutôt le « Sanchisme », ce seraient aussi les lois sur l’euthanasie, les transgenres, des facilités pour l’avortement, autant de sujets auquel l’électorat de droite est farouchement opposé. Autant de thèmes qui agitent les réseaux sociaux, et cela bénéficie au Parti populaire (PP).

L’extrême gauche et l’extrême droite, arbitres du scrutin ?

Sur les marges, il y a la gauche plus radicale menée par Yolanda Díaz et la droite radicale de Santiago Abascal, le parti Vox. Ces formations et leurs leaders jouent un rôle prépondérant et fondamental dans la politique espagnole. À gauche, Yolanda Díaz et son mouvement récent Sumar, incarne une gauche de la gauche pragmatique. C’est le meilleur allié de Pedro Sanchez : ils s’entendent bien, et de l’avis général, cette possible coalition devrait bien fonctionner.

À droite, c’est plus compliqué. Santiago Abascal, le leader extrémiste de Vox, va récolter de bons résultats, disent les sondages. Les enquêtes actuelles disent que la droite conservatrice va gagner, mais ne pourra obtenir la majorité absolue qu’avec une alliance avec l’extrême droite.

Si c’est le cas, ce sera explosif, car Vox soutient des thèses que le modéré Alberto Nuñez Feijoo récuse. Négationniste climatique, fin de l’aide aux femmes victimes de violence conjugale, dureté contre les homosexuels, etc. Tout reste incertain pour ce scrutin. Ce qui est sûr, c’est que les législatives espagnoles auront un impact sur la politique européenne.