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L'OMS condamne la Russie pour son attaque de l'Ukraine et des services de santé

La Russie un peu plus mis au ban de la communauté internationale. Cette fois c’est l’OMS qui condamne l’attaque du régime de Vladimir Poutine sur l’Ukraine et ses centres de santé. La résolution ne demande pas pour autant de sanctions contre Moscou qui a tenté un coup de bluff en présentant son propre texte.

Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

Si on a beaucoup parlé de la défection d’un diplomate russe à Genève ces derniers jours, d’autres représentants de Moscou à l’ONU ne semblent pas prendre ce chemin. Il en est ainsi d’Alexandre Alimov, qui a affirmé devant l’Assemblée de l’OMS que « son pays apporte la paix en Ukraine et poursuit son aide humanitaire ». Le diplomate venait de présenter une résolution qui condamnait les attaques contre les civils en Ukraine. Exactement comme la résolution présentée par Kiev. Sauf que le texte de Moscou se gardait bien de parler d’une quelconque responsabilité de la Russie dans la crise. Une tentative grossière de déformer les faits pour les Occidentaux, comme l’a dit l’ambassadrice américaine Sheba Crocker : « Le cynisme de la Russie n’a aucune limite. Elle vous a remis une résolution qui la présente comme une championne de la paix et de l'aide humanitaire. Si vous votez cette résolution, vous vous alignez avec un pays qui, littéralement, chercher à détruire ce pourquoi l’OMS a été créée. »

La résolution portée par l’Ukraine et finalement adoptée par 88 voix contre 12 et 53 abstentions condamne donc la Russie. L'OMS condamne « avec la plus grande fermeté » l'invasion de l'Ukraine par la Russie et en particulier les attaques contre les services de santé. Selon le plus récent recensement de l'OMS, il y a eu 256 attaques contre ces services qui ont fait 75 morts parmi le personnel de santé. Un recensement qui pourra servir à des poursuites pour crimes de guerre. La résolution adoptée jeudi souligne que l'agression « constitue une situation exceptionnelle, entravant gravement la santé de la population ukrainienne et ayant des répercussions sur la santé dans la région et au-delà ».

Le texte adopté ne prévoit toutefois pas de sanctions concrètes contre la Russie au sein de l'OMS. Il cherche pas à exclure Moscou de l’OMS, ce qui pourrait créer un dangereux précédent. Côté européen, on cherche plutôt à isoler la Russie au maximum en l’empêchant également d’exercer une quelconque responsabilité dans toutes les enceintes multilatérales.