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Fukushima: le chef de l'AIEA peine à rassurer sur le rejet des eaux de la centrale

Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafaël Grossi, a inspecté une dernière fois la centrale nucléaire ce mercredi avant qu'elle ne commence à déverser dans l'océan Pacifique plus d'un million de tonnes d'eau contenant du tritium, un isotope radioactif de l'hydrogène.

Avec notre correspondant à Tokyo, Bruno Duval

Quelque 1,3 million de tonnes d'eau stockée sur le site bientôt arrivé à saturation de la centrale nucléaire ravagée par la catastrophe du 11 mars 2011 à déverser dans l'océan, soit l'équivalent de 500 piscines olympiques. Mardi, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a validé l'opération. Elle assure que ces rejets en mer seront sans danger pour la santé et pour l'écosystème. Les pays voisins ne décolèrent pas. Et au Japon même, la décision ne fait pas l'unanimité.

Les Tokyoïtes sont partagés : « Il n'y a pas d'autre solution, paraît-il. Ce n'est pas trop rassurant », réagit l'une. « Tous les experts s'accordent à dire que ce sera absolument sans danger pour la santé et pour l'environnement. Donc, à moins de tomber dans le complotisme, il me semble qu'il faut faire confiance à ces scientifiques », estime un autre. 

« Cela me met en colère, s'indigne cette Japonaise. Notre devoir, c'est de protéger l'environnement en général, donc aussi l'écosystème marin. »

Conséquences sur la pêche et le tourisme

« Le gouvernement ne peut pas décider ça tout seul : il doit organiser un référendum. Sur un sujet aussi important en termes d'image internationale de notre pays notamment, tous les Japonais doivent pouvoir se prononcer », avance cet autre Tokyoïte.

À lire aussiEaux contaminées de Fukushima: «Les rejets seront similaires à ceux qui existaient avant l'accident»

Rafael Grossi a rencontré mercredi des habitants de Fukushima, cherchant à les rassurer.

Il y a deux ans, quand le gouvernement avait décidé de demander l'aval de l'AIEA à de tels déversements dans l'océan, les sondages indiquaient qu'une majorité de Japonais s'y opposait. Depuis, l'opinion a évolué. Aujourd'hui, une courte majorité de sondés approuve l'opération.

Mais une proportion beaucoup plus importante de Japonais s'inquiète de ses conséquences sur l'économie locale. Pour les pêcheurs : parviendront-ils à vendre leurs poissons après ces rejets en mer ? Et pour le secteur touristique : les estivants pourraient ne pas se bousculer dans les stations balnéaires du nord-est de l'archipel.

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