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Espagne: les indépendantistes catalans négocient âprement leur soutien à Pedro Sanchez

Alors qu’après les législatives générales du 23 juillet aux résultats très serrées, l’Espagne se trouve dans un quasi blocage, les séparatistes modérés d’Esquerra Republicana ont tendu la main à Junts per Catalunya, qui leur sont proches et rivaux à la fois. Et leur ont demandé d’appuyer l’investiture du socialiste Pedro Sanchez, afin de permettre la gouvernabilité à partir de la mi-août, date de la mise en place de la nouvelle chambre basse.

La droite et l’extrême droite ne peuvent obtenir la majorité absolue, et personne ne veut les y aider. Le chef du PSOE Pedro Sanchez, au poste de Premier ministre depuis 2019, pourrait quant à lui arracher cette majorité à la chambre basse. Mais pour cela il lui faut le soutien de toutes les autres formations, indépendantistes basques et catalans compris. Cela pour dépasser la barre fatidique des 176 députés, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau.

Toutes les formations semblent d’accord, sauf les sécessionnistes de Junts per Catalunya, parti de Carles Puigdemont, d’où le fait que les Catalans modérés d’Esquerra (ERC) tentent de leur forcer la main. « Nous tendons sincèrement la main » au parti Junts per Catalunya (JxCat), a déclaré l'ERC dans une lettre adressée à cette formation indépendantiste concurrente, publiée dimanche dans le quotidien catalan Ara.

Pour ce faire, l’ERC veut faire pression sur Pedro Sanchez : les 14 députés des deux formations catalanes pourraient le soutenir, mais seulement si la Catalogne bénéficie d’une réforme fiscale, de la compétence sur les trains de banlieue et que le catalan soit admis en tant que langue utilisée au Parlement européen.

« L’amnistie et l’autodétermination » de la Catalogne en condition d’un soutien

L’ennui, c'est que les deux partis, et Junts surtout, exigent aussi une amnistie générale de leurs leaders condamnés par la justice et la tenue d’un nouveau référendum d’autodétermination. Mais le leader socialiste a plusieurs fois répété que ces deux dernières exigences étaient absolument inacceptables, laissant la situation sans issue.

« Aujourd'hui, le PSOE n'a pas de majorité alternative. Nous avons un levier de force que nous devons savoir utiliser ensemble, pour avancer, pour construire » un chemin « vers l'amnistie et l'autodétermination », explique ERC dans sa lettre.

L'amnistie demandée bénéficierait aux personnes inculpées pour la tentative de sécession de 2017, y compris Carles Puigdemont, réfugié en Belgique depuis l'échec de la tentative d'indépendance de la Catalogne en 2017, et qui s'est opposé jusqu'à présent à soutenir un gouvernement espagnol. Il n'a pas encore été jugé, puisqu'il a élu domicile en Belgique.

ERC et Junts ont gouverné ensemble la région de Catalogne pendant plusieurs années jusqu'en octobre 2022, quand leurs divergences ont conduit à l'éclatement de leur coalition.

Le parti de Puigdemont accuse ERC de n'avoir rien obtenu avec sa position conciliante vis-à-vis du PSOE et de Pedro Sánchez. Ces derniers assurent à l'inverse que la grâce accordée à neuf dirigeants indépendantistes catalans en 2021 et l'abrogation du principal délit les ayant conduits en prison - celui de sédition - sont le fruit de leurs négociations avec Madrid.