Niger
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Coup d’֤État au Niger: les sanctions internationales se multiplient et se font ressentir dans le pays

Plus d’une semaine après le coup d’État au Niger, les sanctions internationales se multiplient, notamment celles de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), dont le pays est membre, ou celles de la Banque mondiale. Sur place, la population nigérienne commence déjà à en ressentir les conséquences.

Au Niger, les sanctions de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) sont entrées en vigueur le 30 juillet 2023. Et, au-delà des coupures de courant en raison des délestages, les conséquences concernent même les produits de première nécessité.

Face au blocus imposé sur les exportations et les importations, la population observe les prix des denrées alimentaires augmenter, quand elles ne sont parfois même plus disponibles du tout.

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Pour de nombreux Nigériens interrogés par RFI, la situation est ainsi un peu plus inquiétante chaque jour. La crainte de ne plus pouvoir payer certains aliments à cause de la hausse des prix est réelle.

À Maradi, par exemple, capitale économique du pays, on rapporte des habitants qui font des stocks de riz ou de pâtes. Partout, les prix de ces féculents augmentent. Niamey n’est pas épargnée, comme le raconte un consommateur : « Aujourd’hui, le sac de riz de 25 kilos se vend à 13 500 francs CFA [20,58 euros environ, NDLR], alors qu’il y a une semaine, il se vendait à 11 000, 11 500 Francs ou 11 750 francs CFA, selon les endroits. »

Une augmentation de près de 2 000 francs CFA en quelques jours pour le prix du riz dans la capitale, donc. Mais, ailleurs dans le pays, il y a des produits qui disparaissent purement et simplement. Ce 2 août, c’était jour de marché à Tillabéri, dans l’ouest du Niger. Et un client joint par RFI rapporte que les étals étaient parfois bien vides : « Ça manque de pommes de terre, de tomates, de persil et autres, puisque tout cela vient généralement du Nigeria et du Bénin. Et vraiment, ça nous manque. »

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Cette forte dépendance aux pays voisins est aujourd'hui une source d'inquiétudes. Et les habitants confient d'ailleurs se préparer à des semaines difficiles.

La Banque mondiale cesse ses versements

D’autant que la Banque mondiale a cessé ses versements au Niger. Annonce la veille de l'organisation internationale, qui vaut pour « toutes ses opérations et jusqu'à nouvel ordre ».

Depuis le 26 juillet, plusieurs pays européens suspendent tour à tour leurs programmes d'aide au développement. Mais celui de la Banque mondiale représente un manque à gagner considérable pour Niamey. Car, depuis le début de l'année, l'organisme a déjà déboursé 730 millions de dollars au Niger. Au total, l'an dernier, c'était 1,5 milliard de dollars.

Une suspension d'aide qui s'ajoute donc à celles d'autres pays. La semaine dernière, c'est la France qui a annoncé la première qu'elle cessait son aide au développement : 120 millions d'euros l'an dernier. L'Allemagne lui a emboité le pas le 31 juillet, avant la Grande-Bretagne puis l'Union européenne. Une UE qui suspend l'appui budgétaire, mais aussi toutes les « actions de coopération dans le domaine sécuritaire » avec Niamey.

Deux exceptions notables : les États-Unis et le Fonds monétaire international (FMI) n'ont pas suspendu leurs aides.

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Ces sanctions risquent de peser lourd pour le Niger. Car Niamey dépend beaucoup de l'aide internationale. En 2021, le montant des aides bilatérales s'élevait à 1,8 milliard de dollars, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), faisant du Niger le pays d'Afrique de l'Ouest le plus soutenu après le Nigeria.

Au total, selon l'AFP, les dons extérieurs et les soutiens internationaux représentent un quart des dépenses publiques nigériennes.