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Changement de chef de gouvernement en Tunisie: «aujourd’hui, le bouc émissaire, c’est l’ancienne Première ministre»

C'est sans explication que Najla Bouden, la cheffe du gouvernement tunisien, a été limogée mardi par le président Kaïs Saïed. Plusieurs sources affirment que le président tunisien était mécontent de sa gestion d'une pénurie de pain, dans les boulangeries subventionnées. Une crise qui prend des ampleurs importantes en Tunisie.

La pénurie de pain est due à une insuffisance d'approvisionnements en céréales parce que les fournisseurs ne font plus crédit à la Tunisie, endettée pour 80% de son PIB, selon les experts. Depuis les années 70, c'est l'Etat qui centralise l'acquisition de nombreux produits de base (farine, huile, sucre, lait, essence) pour les réinjecter à des prix abordables sur le marché.

Mais au-delà du rpoblème du prix du pain, selon l'essayiste Hatem Nafti, le régime tunisien, sous pression économique et sociale, « vit de boucs émissaires ». Tous les membres du gouvernement sont des fusibles, explique t-il au micro de Houda Ibrahim de la rédaction Afrique.

« C’est une méthode à laquelle on devient de plus en plus habitués : des annonces tard la nuit, sur les réseaux sociaux, et à chaque fois on explique ça comme, le terme qui est employé c’est éviction, alors en arabe c’est plutôt la fin de la mission ; donc il a été mis fin aux missions de madame Bouden, sans plus de précisions.

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Ça rappelle qu’il y a une personne qui décide, c’est la décision du président de la République. Ses proches ont insisté pour qu’il y ait un gouvernement plus politique, ce n’est manifestement pas le cas. »

C'est Ahmed Hachani, un juriste inconnu des Tunisiens, qui succède à Najla Bouden au poste de Premier ministre. « La personne qui a été nommée n’est pas connue pour des positions politiques quelconques, souligne Haten Nafti, (si ce n'est) sans doute, (par) le soutien à ce qui se passe en Tunisie depuis 2021. C’est une décision unilatérale d’un président qui exerce le pouvoir tout seul, qui veut toutes les prérogatives, mais qui n’assume aucune responsabilité.»

Najla Bouden avait été nommée par Kaïs Saïed, le 11 octobre 2021, un peu plus de deux mois après que le président s'était octroyé les pleins pouvoirs, le 25 juillet, en limogeant son Premier ministre de l'époque et en gelant le Parlement. À plusieurs reprises ces derniers mois, le président a ordonné le limogeage de divers ministres, dont le ministre des Affaires étrangères, sans jamais donner de motifs.

« Madame Bouden va porter le passif de ce qu’il s’est passé pendant deux ans. Aujourd’hui, le bouc émissaire, c’est l’ancienne Première ministre », conclut Haten Nafti.

(et avec agences)