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Parents en détention, directrice d'école suspendue... Ce que l'on sait après le décès de la fillette de trois ans dans l'Eure

Que s'est-il passé?

La fillette de trois ans est décédée dans la nuit de samedi à dimanche après son arrivée au CHU de Rouen à 1h53 du matin, malgré l'intervention des secours au domicile familial à Conches-sur-Ouche, dans l'Eure.

Elle portait de multiples hématomes d'âges différents sur "le visage, les quatre membres, le thorax, le dos, le pubis", a précisé ce mardi le procureur de la République d'Evreux, Rémi Coutin.

La maison où vivait la famille se trouvait le soir du crime "dans le plus grand désordre et le frère aîné, âgé de six ans, présent sur place, présentait également des traces de violences". Il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance.

Le rapport de l'autopsie de la petite fille, réalisée mardi matin, n'était pas encore disponible au moment de la conférence de presse.

Que sait-on des violences subies par la fillette?

Le procureur a raconté comment "dans un mécanisme assez abjecte mais classique de ce type de violences, le couple, négatif à l'alcool et aux stupéfiants, a commencé par expliquer que la fillette se blessait toute seule lors de crises de colère et de chutes".

Le beau-père de 29 ans, sans profession, a par la suite reconnu s'être déjà livré par le passé à "des bousculades, des étranglements jusqu'à convulsion et plusieurs pertes de connaissance de l'enfant", toujours selon le parquet.

Ces violences ont débuté "à l'hiver 2022/23, deux ou trois mois après la mise en ménage et le décès de son propre père [le père du mis en cause]", a décrit le procureur.

La mère, 27 ans, également sans emploi, a pour sa part admis avoir donné "des gifles" à sa fille, dont le père vit dans l'Eure et bénéficiait d'un droit de visite tous les 15 jours.

Y avait-il eu des signalements?

"Ni la gendarmerie, ni la justice, ni les services de l'aide sociale à l'enfance n'avaient été informés" des "violences difficilement soutenables" subies par la petite fille, a souligné le procureur de la République d'Evreux.

Une amie du couple avait notamment "vu l'enfant plusieurs jours avant les faits et a souhaité faire un signalement au 119" mais "cet appel n'aurait pas abouti" faute d'opérateurs, a-t-il ajouté.

Qu'en est-il des parents?

La mère et le beau-père de la fillette ont été mis en examen pour meurtre sur mineur de 15 ans et violences et placés en détention provisoire. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

La mère est également poursuivie pour privation de soins et non dénonciation.

L'enquête a été confiée à la gendarmerie pour éclaircir les responsabilités respectives de la mère et du beau-père mais aussi des tiers qui auraient pu avoir connaissance des violences sans les dénoncer.

Le couple était déjà connu de la justice: elle a été condamnée en 2020 pour une affaire de stupéfiants, son compagnon était uniquement connu pour des infractions routières.

Pourquoi la directrice d'école a-t-elle été suspendue?

La directrice de l'école maternelle, où la victime était scolarisée en moyenne section, a été suspendue "à titre conservatoire", a annoncé mardi le rectorat de l'académie de Normandie.

Le rectorat a précisé "diligenter une enquête administrative afin de faire la lumière sur la chaîne de signalement des faits par les services de l'Éducation nationale".

La fillette "n'aurait pas été scolarisée la semaine précédent le drame", a assuré le procureur de la République d'Evreux.

Une cellule d'écoute psychologique a été ouverte à la disposition des élèves et des adultes de l'école.