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On vous explique pourquoi le cinéma Eden ferme ses portes pour deux semaines à Menton

Avis aux amoureux du grand écran, il va falloir faire sans cinéma pendant quelques jours. L’Eden, l’unique lieu dédié au 7e art à Menton, ferme ses portes dès ce dimanche soir pour deux semaines de réhabilitation. "Enfin!", diront certains…

"C’est vrai que le bâtiment est très vieux, il a 107 ans, et qu’il a besoin d’un coup de neuf", reconnaît Alain Boniface, le directeur du cinéma. "Mais attention, on ne fait pas des travaux démesurés. On ne rénove que les salles: on change les fauteuils, les sols, les toiles d’écrans… On va sûrement redonner un coup de peinture dans le hall d’entrée et refaire le faux plafond…", liste-t-il.

Moins de places, mais plus d’espace

Le gérant n’a tout simplement pas les moyens de faire plus pour l’instant, mais ces travaux devraient déjà garantir un meilleur confort aux spectateurs.

"On enlève des rangs notamment, car les salles actuelles sont très serrées. Vous avez 95 centimètres de pieds à pieds, c’est très peu, c’est vraiment ce qui se faisait dans les années quatre-vingt!", rit le directeur. Deux rangs seront ainsi enlevés dans la salle 3 et un dans la salle 2, au rez-de-chaussée, "pour aérer".

"En haut, dans la salle 1, on n’a pas le choix car c’est un gradinage donc on ne va pas le refaire mais on va élargir les fauteuils pour avoir quelque chose qui correspond davantage aux normes d’aujourd’hui", détaille Alain Boniface. Qui rappelle que le bâtiment était à l’origine un music-hall. Une bombe y a même explosé en plein cœur pendant la guerre, en 1944.

"C'est une institution à Menton"

À sa réouverture, l’établissement entend miser sur la même recette qui fait son succès à travers le temps: répondre à la demande locale, sans prétention. "L’Eden, c’est un petit cinéma certes, il est ce qu’il est, mais c’est une institution à Menton", estime Alain Boniface.

"Tout le monde connaît ce lieu, on a énormément de clients qui y sont très attachés et on fonctionne avec un cœur de spectateurs ultra-fidèles. J’ai des clients qui peuvent venir trois, quatre fois par semaine, ils viennent à pied, ils sont abonnés… appuie le directeur. Je connais aussi des gens qui n’habitent plus Menton mais qui reviennent ici de temps en temps car c’est le cinéma de leur enfance. Ce sont des gens qui ont vu leurs premiers films ici", appuie le directeur.

Pour qui le prix d’entrée "correspond aussi à l’offre du cinéma" [le tarif normal est de 8,50 à l’Eden, ndlr]. "J’ai un client l’autre fois qui est allé dans un autre cinéma et il me disait comme les salles étaient belles… poursuit le gérant. Je lui ai dit: oui, vous avez vu un film pour le prix de deux ici. En effet, ça lui a fait bizarre à la caisse!"

L’Eden rouvrira au public le 27 septembre, avec déjà quatre films programmés à l’affiche.

Une fréquentation repartie à la hausse

Après deux années "catastrophiques" en raison de la crise du Covid-19, la fréquentation est plutôt repartie à la hausse pour le cinéma de Menton en 2022. "À partir du mois d’avril-mai, on a commencé à avoir des films à succès qui ont fait revenir les gens en salles, on a eu un bon été aussi, une fin d’année très chouette avec Avatar, et ça continue maintenant…", retrace Alain Boniface, le directeur de l’Eden.

"En revanche, on risque d’avoir un souci sur la fin de l’année avec la grève à Hollywood", alerte le gérant. "La situation impacte énormément les sorties, et même si on a de très bons films français qui doivent sortir, comme Les Mousquetaires, on ne peut pas faire sans le cinéma américain, on a besoin des deux. Cet été, ce sont les films comme Barbie, Oppenheimer, Indiana Jones, Mission Impossible, qui ont fait des chiffres…", détaille-t-il.

"On verra bien si la grève s’arrête et comment cela évolue mais pour l’heure, aucun acteur ne fait de promotion pour des films et beaucoup de tournages sont à l’arrêt donc c’est très compliqué pour les distributeurs qui vont devoir reporter les sorties de grands films à plus tard pour éviter de gâcher toutes leurs cartouches et de n’avoir plus rien à proposer…", analyse le directeur.