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Marché Forville à Cannes: les commerçants du pourtour inquiets par le chantier

Ils s’inquiètent beaucoup. Certains à en perdre le sommeil. D’autres à prendre la décision de tirer le rideau lorsque le chantier arrivera devant chez eux. Ils? Ce sont les commerçants du marché Forville.

Plus précisément les sédentaires installés autour du carreau. À vue de nez une trentaine. La moitié était réunie, ce jeudi, autour d’un café. Avec un préambule auquel les participants tiennent: "Nous sommes tout à fait pour les travaux de ce marché. Nous sommes convaincus qu’ils sont nécessaires pour la sauvegarde du lieu et nous applaudissons l’initiative de la Ville."

Mais ils le savent: les vingt-quatre mois de chantier qui s’engagent - en douceur pour le moment avec les travaux de réseaux qui progressent, pas à pas depuis le Nord du marché (en face de Monoprix) chaque jour de la semaine entre 14 heures et 22 heures - vont impacter leur activité.
Ils serrent déjà les dents en se disant qu’il faut être patient.

Pas de marché, pas de passage, pas de clients

Il y a quelques semaines, un nouveau scénario est apparu quant au fonctionnement du chantier. Alors que l’idée première était d’organiser ce dernier en demi-carreau - une partie en chantier, l’autre en activité commerciale avec les protections (poussière et bruit) adaptées - les services de la ville ont lancé une consultation sur un déplacement total du marché vers les Allées le temps des travaux. Avantages selon eux: une progression plus rapide des engins et de la construction avec, forcément, un coût réduit.

C’est à ce moment que les commerçants du pourtour ont commencé à se poser des questions: "Nous avons le sentiment qu’à aucun moment, le sort de ceux qui ne peuvent pas se déplacer n’a été considéré", a-t-on entendu.

Et: "Nous avons des traites à payer, des loyers à honorer et des employés à rémunérer. Comment allons-nous faire si nos clients ne viennent plus…"

Car pour eux, l’équation est assez simple: pas de marché=pas de passage = pas de clients dans une zone bruyante et poussiéreuse.

"Nous allons souffrir d’une baisse de chiffres d’affaires pendant les travaux. Et lorsque tout sera embelli, les propriétaires, au prétexte que le quartier a pris de la valeur, vont nous augmenter les loyers. Conclusion : on sera vraiment en danger…"

Les commerçants doutent "même si cela s’est fait dans certaines villes", qu’un dédommagement leur soit accordé, comme ils ne croient pas "que les propriétaires se montreront compréhensifs pendant le chantier" et encore moins "que les assurances vont les soutenir pour cause de perte d’exploitation…"

Mais ils évoquent malgré tout ces pistes. On ne sait jamais, si quelqu’un venait à les écouter… Si la mairie pouvait appuyer…

Ce jeudi, ils étaient persuadés que leur sort serait scellé lundi prochain en conseil municipal. "C’est la délibération 22 qui va définir le choix du protocole adopté."

Mais à consulter l’ordre du jour, on voit que la 22 ne concerne pas vraiment l’organisation du marché.

On a sollicité la municipalité sur la question. Elle a répondu qu’il faut que les commerçants "se sentent rassurés."

"Ils ont été entendus"

Les services doivent étudier la faisabilité de la formule, s’assurer que techniquement elle soit viable. Mais, a assuré Thierry Migoule, "les commerçants ont été entendus".

Tout en rappelant la nécessité de "sauver ce marché", le directeur de cabinet a cité les mots du maire, David Lisnard, à propos du chantier: "Forville ne doit pas seulement être un lieu de rencontre le week-end, il faut absolument qu’il devienne une zone d’achat toute la semaine. Un vrai lieu de vie…"

Les services ont bien saisi les inquiétudes des commerçants: "Nous travaillons donc l’hypothèse d’un fonctionnement en demi-marché…"

Pour ce faire, deux éléments essentiels: "Il faut décaler les travaux dans la journée: de 14 heures à 22 heures." Et "maintenir un maximum de commerçants sur le carreau."

Premiers "volumes" évoqués: 47 commerçants sur les 85 qui resteraient sur un tiers du marché. Et les autres sur les Allées, sous une halle organisée. "Avec un liaisonnement entre les commerçants de la partie du carreau occupée et ceux des Allées..."

Thierry Migoule insiste: "Nous allons vraiment étudier la possibilité d’organiser cela techniquement. Et nous avons jusqu’au 1er avril pour cela."

Que les commerçants soient donc rassurés. Tout en attendant confirmation par courrier.