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Les accusations d’agressions et de harcèlement sexuels sont abandonnées: le directeur de l’institut niçois Sasserno sort du silence

Un homme à terre, qui n’a pas encore véritablement réalisé le rouleau compresseur qui l’a broyé. "Mais heureusement, la police et le parquet ont fait un travail formidable", souffle-t-il, ému aux larmes.

Le parquet de Nice, après une enquête de la Sûreté départementale qui a duré plus de six mois, a abandonné les charges qui pesaient contre l’ex-directeur de Sasserno, établissement privé sous contrat à Nice. Il était accusé d’agressions sexuelles, de tentatives d’agressions sexuelles, de harcèlement sexuel et moral.

"L’enquête de police a démontré que de telles infractions n’existaient absolument pas et je peux vous dire que si le moindre commencement de preuve avait pu être retenu contre lui, le parquet, intransigeant en la matière, n’aurait évidemment pas manqué de le poursuivre", commente son avocat, Me Philippe Soussi. Qui se félicite "du discernement" dont la justice "a su faire preuve dans une affaire difficile".

Ce n’est pas le cas de tous, lance l’avocat: "Je veux le souligner aussi pour le dénoncer: la Direction diocésaine de l’enseignement catholique [DDEC] et l’employeur du chef d’établissement [l’Ogec] n’en ont eu aucun et, bien pire, ont fait preuve d’une inhumanité absolue."

Au départ, une lettre anonyme

Tout est parti, en effet, d’une lettre anonyme - "qui ne contenait aucun élément de vérité", insiste le conseil du mis en cause -, envoyée au diocèse. Diocèse qui avait ensuite retiré sa lettre de mission au directeur de Sasserno, puis l’avait licencié, évoquant noir sur blanc dans un communiqué "des faits graves et établis", avant même le début de l’enquête de police. "C’est délibérément que la DDEC jetait sur la place publique l’honneur d’un homme et de sa famille, au mépris de tous les principes et notamment celui de la présomption d’innocence, avec des conséquences irrémédiables et dramatiques", dénonce Me Soussi.

L’ex-chef d’établissement de Sasserno ne devra finalement répondre devant la justice que d’un "outrage sexiste". Une simple contravention de 5e classe qui relève du tribunal de police devant lequel il comparaîtra le 6 novembre prochain.

"Un séisme familial"

Silencieux depuis le début de l’affaire, celui qui a dirigé l’institut catholique pendant plus de 6 ans a accepté de prendre la parole sur ce qu’il appelle "un séisme familial". "J’ai presque 30 ans de carrière, et je n’ai jamais eu le moindre problème", glisse-t-il, péniblement. Il s’excuse: "Avant j’étais jovial, j’avais du caractère. Même aujourd’hui, je suis encore bouleversé de ce qui m’est arrivé. C’est comme un immeuble qui m’est tombé dessus, je suis assommé"... Difficile pour lui d’analyser comment la machine a pu s’emballer ainsi et surtout qui a tenu les ficelles: "Ils n’ont pas attaqué que le chef d’établissement. Mais un homme, un père de famille." Il ne cache pas son dégoût: "Toute une vie pour en arriver là... heureusement, il y a des témoignages qui me font plaisir, des parents que je rencontre et qui me soutiennent. Ça fait plaisir, oui, mais ça fait aussi du mal." En septembre, il aurait dû de nouveau s’asseoir dans son grand bureau bleu: "Un bureau toujours ouvert, j’avais cette réputation-là, comme celle de tout donner à mon établissement et de soutenir vaille que vaille les enseignants."

"Lynché sur la place publique"

"Je suis révolté qu’on ait donné crédit à quelques rares témoignages contradictoires, lacunaires et totalement fantaisistes, face aux innombrables témoignages en sa faveur d’enseignants, de parents ou d’élèves. Je suis révolté qu’on ait passé sous silence une visite de tutelle fin 2020 à l’issue de laquelle il était décrit comme exemplaire et exceptionnel", gronde Me Soussi. "À qui va-t-on faire croire qu’un tel homme se serait transformé en prédateur en quelques mois et même en quelques semaines. Je suis révolté parce que rien ne justifiait que ce chef d’établissement soit lynché sur la place publique comme il l’a été après une vie entière dévouée à l’enseignement...", conclut son avocat.

Le diocèse, contacté, n’a pas répondu à notre sollicitation.