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"Là-bas, c’est la panique générale": après le séisme au Maroc, l’inquiétude d’Oucine Jamouli, président d’une association marocaine à Nice

"J’ai allumé ma radio à sept heures moins le quart. La première parole que j’entends, c’est le président de l’Inde qui exprime ses condoléances au Maroc..."

Pour Oucine Jamouli, comme pour les Marocains du monde entier, le réveil a été brutal ce samedi matin. Depuis, ce Franco-Marocain âgé de 69 ans, restaurateur et acteur associatif, "n’arrête pas d’envoyer des messages" pour prendre des nouvelles de ses proches et s’enquérir de la situation, quelques heures après le séisme qui a endeuillé le royaume.

"Les gens ont été surpris dans leur sommeil"

"Il y a une panique générale, témoigne Oucine Jamouli, président de la Maison du Maroc à Nice. La secousse a eu lieu vers 23h et quelque, essentiellement dans la région de Marrakech. Les gens ont été surpris dans leur sommeil. Ils se sont réunis sur les plages, dans les jardins, ont sorti tout ce qu’ils ont pu. La plupart sont restés dehors jusqu’à 3h du matin. Dans ces cas-là, on a peur d’une réplique rapide..."

Oucine Jamouli est originaire de la région de Beni-Mellal, à moins de 200km au nord-est de Marrakech. Surfant entre la télé marocaine et les messages WhatsApp, il tente de jauger la situation, découvre les premiers bilans macabres dans tel ou tel petit village.

"Ce sont les vieilles bâtisses en brique et en terre qui ont subi le plus de dégâts. Les grands bâtiments, comme à Casablanca, très peu. Apparemment, il y avait une bonne organisation de secours. Le Maroc a été victime de plusieurs secousses par le passé, il y a une culture du risque. Ce tremblement rappelle à tous les Marocains le séisme de Al Hoceima dans le nord du pays de 2004 qui avait fait 628 victimes et de nombreux dégâts."

Surfant entre la télé marocaine et les messages WhatsApp, il tente de jauger la situation, découvre les premiers bilans macabres dans tel ou tel petit village. Phot d'archives Alexandre Carini.

"Organiser une solidarité avec les victimes"

C’est désormais la culture de l’entraide qui va devoir parler. Notamment dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte "plus de 100.000 Marocains, dont plus de 30.000 sur la Côte. On est la troisième communauté, après la Tunisiens et les Algériens", indique Oucine Jamouli.

S’il a vendu la Table du Maroc il y a un an, le restaurateur préside toujours l’association la Maison du Maroc. Ce samedi matin, il a envoyé des messages à la communauté marocaine de Nice. "Je vais essayer d’organiser une forme de solidarité avec les victimes. On attend encore les bilans pour évaluer les besoins. Dans de telles circonstances, l’expression d’une solidarité, qu’elle soit matérielle ou expressive, est toujours la bienvenue. Je crois qu’il va y avoir un vrai élan."

Après l’attentat du 14 juillet 2016, Oucine Jamouli avait accueilli à la Table du Maroc des Niçois de la société civile pour échanger. Photo archives Franck Fernandes.