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"J’avais envie de comédie romantique": on a rencontré Franck Dubosc, qui change de registre dans "Nouveau départ"

Franck Dubosc, escorté de l’un de ses fils, et le réalisateur Philippe Lefebvre, sont récemment venus présenter Nouveau départ au Pathé Gare du Sud à Nice et au Cineum à Cannes. L’œil malicieux, Franck Dubosc jubile à l’idée d’évoquer cette comédie sentimentale très enlevée, dans laquelle on le découvre aux côtés de Karin Viard, de Tom Leeb et de Bérengère Krief.

Quel a été le point de départ de ce projet?

Philippe Lefebvre: Un film argentin que m’a fait découvrir Mathias Rubin, le producteur. Il m’a interpellé parce qu’il y était question, en particulier, du syndrome du nid vide, ce moment où les enfants quittent la maison et où le couple se retrouve en tête-à-tête, avec l’obligation de se réinventer. Est-ce qu’on y arrive, ou pas. C’est une problématique assez universelle.

Était-ce la première fois que vous travailliez ensemble?

Franck Dubosc: Philippe avait réalisé la série Péplum, et j’étais déjà venu faire un guest. Ce qui m’a séduit dans Nouveau départ, c’est que j’avais des envies de comédie romantique, d’histoires de mon âge. Qui parlent moins de début de relation amoureuse. J’ai été immédiatement convaincu par le scénario. J’ai alors suggéré Karin Viard pour le rôle de Diane. Et toutes les planètes se sont alignées.

Dans ce film, vous incarnez Alain, qui prend un pari risqué...

Celui de quitter ma femme pour mieux la retrouver, en effet. Mais on l’a tous un peu fait! Quand on était jeunes, on ne décrochait pas le téléphone, ou on disait d’abord non pour avoir ensuite un plus beau oui. Dans un vrai couple, il y a tellement d’attaches que c’est plus difficile. S’ajoute à cela le fait que, quand on tombe amoureux l’un de l’autre, on tombe amoureux pour des raisons que l’on ne connaît pas. Alors que lorsqu’on décide de se quitter pour mieux se retrouver, on décide de le faire pour des raisons que l’on connaît. Et ces raisons ne sont pas toujours les bonnes.

On vous retrouve ici dans votre nouveau registre, celui de "Rumba la vie", moins dans la comédie?

Moi, j’ai trouvé Nouveau départ très drôle, parce qu’il y a une rupture. Les personnages annexes sont hilarants. Je suis le petit malheureux du couple, mais Karin renoue avec ce qu’elle sait très bien faire: la comédie. Et c’est cet équilibre qui est surprenant. Je ne sais pas si c’est l’âge, ou par lassitude de l’avoir fait beaucoup, mais j’aime les films dans lesquels je n’ai pas à faire le rigolo.

Dans la continuité de leur séparation, Alain et Diane découvrent qu’ils peuvent toujours séduire, à 50 ans révolus...

Ce qui fait l’originalité de ce film, c’est que d’habitude, on est plus du côté de la femme. Là, c’est l’homme qui est la victime, celui qu’on a envie d’aimer tout de suite. C’est lui la part féminine du film. Je trouve ça très beau les comédies romantiques avec les gens qui ont plus de 50 ans. Le public de tous les âges aussi, je les entends se réjouir de voir enfin "la vraie vie". Et bien sûr qu’on peut encore séduire à cet âge, autant les femmes que les hommes. Je n’ai jamais trouvé Karin Viard, que je connais depuis tellement longtemps, aussi belle que dans ce film!

Karin Viard évolue dans le milieu du journalisme où il faut toujours être à la page. La dictature du jeunisme?

Philippe Lefebvre: C’est flagrant dans le domaine de la presse hebdomadaire, où il faut avoir les scoops, les dernières tendances. Mais cela existe aussi chez les acteurs, puisqu’il y a plus de rôles pour les trentenaires que pour les cinquantenaires ou chez les réalisateurs, il y a toujours un jeune qui va arriver avec des activités nouvelles et nous placardiser. Et on a tous envie d’exister dans le regard de ses collègues, d’être dans le groupe WhatsApp!

D’autres projets sur le feu?

Franck Dubosc: Je vais être à l’affiche aussi de Noël joyeux de Clément Michel, Chien et chat avec Reem Kherici et Philippe Lachaux, Prodigieuses avec Isabelle Carré, et je commencerai à réaliser mon prochain film en janvier... Et je n’exclus pas la possibilité de refaire du one-man-show.

L’histoire

Amoureux de son épouse Diane comme au premier jour, Alain traverse la cinquantaine sans crise. Même le départ des enfants, il l’a bien vécu. Diane moins.… Cette période, elle l’aborde avec la sensation qu’elle pourrait mourir d’ennui. Pour Alain, qui voit pour la première fois son couple vaciller, il est temps de se poser les questions essentielles, et de prendre un risque majeur après 30 ans de vie commune: quitter Diane pour réveiller la flamme et l’envie de se retrouver. "Nouveau Départ", c’est l’histoire d’une histoire d’amour à quitte ou double.

Notre avis

Co-écrit avec la romancière Maria Pourchet, co-scénariste de longue date de Philippe Lefebvre, "Nouveau départ" a été pensé avec un contre-point féminin. Si Alain est ravi de l’aubaine constituée par le départ du petit dernier pour se retrouver enfin tête-à-tête avec sa femme, il va vite déchanter. Car la gent masculine, comme il le découvre à ses dépens, n’a pas l’apanage de l’ennui guettant un couple au bout de trente ans de mariage. Madame se morfond à l’évidence, et ce n’est pas l’éternel bouquet de pivoines ou le sempiternel restaurant où l’invite Monsieur qui vont lui redonner le sourire. Et encore moins des papillons dans le ventre.

D’où la décision de celui-ci de jouer son va-tout, en prenant le large. Histoire de réveiller le désir. Si la ficelle semble un peu grosse au départ, on prend un certain plaisir à voir ces deux-là s’empêtrer dans une succession de situations cocasses, et à observer les réactions ou recommandations de leurs entourages, pas toujours très adroites. L’interprétation de Franck Dubosc et de Karin Viard aidant, on se laisse convaincre par cette histoire pleine de charme.

>> Nouveau départ, de Philippe Lefebvre (France). Avec Karin Viard, Franck Dubosc, Tom Leeb, Bérengère Krief... Comédie sentimentale. 1h40.