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"J’ai couru à l’instinct": le Varois Christophe Laporte revient sur sa victoire aux championnats d’Europe

Dimanche après-midi, Christophe Laporte remportait les championnats d’Europe à Assen aux Pays-Bas. Lundi midi, il était déjà de retour à l’aéroport de Nice. Accompagné de l’Antibois Clément Russo, son coéquipier en Equipe de France, et avec le maillot de champion d’Europe dans sa valise. Avant de rentrer chez lui, à La Farlède, le Varois de 30 ans est revenu sur ce sacre devant les meilleurs coureurs du monde.

Est-ce que vous réalisez aujourd’hui que vous êtes champion d’Europe?

Oui, même si c’est encore difficile de se dire que je vais porter ce maillot toute l’année, ça va venir petit à petit.

Vous aimez l’OM. Comme le club, vous êtes "à jamais le premier" Français à porter ce maillot...

Oui c’est vrai (rires). C’est bien, même si la compétition n’existe pas depuis très longtemps (2016). C’est sympa, ça va rester écrit.

Vous avez attaqué à 12 kilomètres de l’arrivée, en "tentant le tout pour le tout". Une stratégie osée, vous qui avez des qualités de sprinteur...

Ce n’était pas vraiment prévu, mais j’ai couru à l’instinct, comme je le sentais. On avait un bon groupe devant, mais il y avait quand même Wout (van Aert), Olav (Kooij), Arnaud De Lie qui vont vite au sprint. Et dans un scénario comme ça, c’est toujours mieux d’essayer quelque chose.

Vous connaissiez votre avance, qui restait bloquée autour des 10 secondes?

Je savais qu’ils n’étaient pas loin derrière. Quand je suis arrivé dans l’avant-dernière bosse, j’ai vu qu’ils étaient assez loin, mais en haut ils étaient proches. J’ai un peu douté. Je les regardais, je les voyais... Dans la dernière bosse, ils ont mis du temps à revenir, donc je me disais qu’ils s’étaient fait mal dans celle d’avant pour boucher le trou. Ca a fait un long sprint pour tout le monde, ils étaient fatigués et le peu d’avance que j’avais m’a permis de garder l’avantage.

Vous saviez que c’était Wout van Aert qui revenait?

Non, mais je m’en doutais que c’était lui, avec Olav ou De Lie. Mais quand il se rapproche à côté de moi, je ne savais pas que c’était lui, mais ça revenait vite...

L’effort a dû être violent?

C’était dur car il a fallu se mettre à bloc après un long effort.

Van Aert a déclaré que "c’était moins dur" pour lui parce que c’est vous qui avez gagné la course...

Ca me fait plaisir de l’entendre. Je suis très heureux pour moi mais aussi déçu pour lui. C’est bien un coureur qui mérite de porter un maillot distinctif. J’espère que ça va lui arriver très vite. J’étais très content de partager le podium avec lui et aussi Olav, mes coéquipiers.

Vous allez porter ce maillot de champion d’Europe. Celui de champion de France vous fait envie aussi?

Le maillot tricolore, c’est une case que j’aimerais bien cocher. Cette victoire me donne encore plus envie. Mais ce n’est jamais une course facile à gagner.

Votre saison a été riche, avec deux classiques, deux victoires d’étapes sur le Dauphiné, la victoire comme équipier de Jonas Vingegaard sur le Tour, et le titre de champion d’Europe. Quelle note sur dix donnez-vous à votre saison?

Huit-neuf. Pas dix, parce que j’aurais bien aimé gagner une étape sur le Tour et un Monument avec l’équipe. Là, ça aurait été parfait. Il y a quelques bémols, mais c’est quand même presque parfait (*).

Ce seront les objectifs pour l’an prochain?

Oui, avec l’équipe on n’a pas réussi à gagner Paris-Roubaix ni le Tour des Flandres. Ce sera notre objectif.

* Il lui reste deux courses à disputer cette saison: Famenne Ardenne Classic (1er octobre), Paris-Tours (8 octobre).