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"Il ne faut pas utiliser l’écologie comme prétexte pour restreindre les libertés", estime le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les transports décarbonés ont un rôle à jouer. Or le train est à la traîne sur la Côte d’Azur. En avez-vous discuté avec les élus concernés?

J’ai eu et j’aurai à nouveau des discussions avec le président [du conseil régional, Ndlr] Renaud Muselier et avec Christian Estrosi. Le transport, c’est la première source d’émissions. Quelque 30% de nos émissions en France sont liées au transport, dont 80% aux véhicules thermiques. Favoriser les transports en commun et les mobilités douces est évident. Dès que la planification écologique aura été présentée au plan national, je vais faire, à partir d’octobre, un tour de France pour voir comment on la décline sur les différents territoires. J’irai en Région Sud pour discuter des transports. Le ferroviaire, ça prend du temps.

Le chef de l’État a annoncé un grand plan de rénovation des écoles. Comment va-t-il être mis en œuvre?

Seules 10% des 44.000 écoles de France sont aux normes BBC (Bâtiment basse consommation). Les 500 millions d’euros promis par le chef de l’État pendant 10 ans visent précisément à financer ces travaux de rénovation. On va ainsi accompagner 4.000 écoles par an. Jeudi 14 septembre, avec le ministre de l’Éducation Gabriel Attal, nous lancerons le dispositif avec la fédération du Bâtiment, les collectivités, l’Éducation nationale. Chaque école doit faire l’objet d’un projet piloté par les élus et en liaison avec le conseil d’école et la communauté pédagogique.

La surfréquentation touristique a des effets néfastes sur l’environnement. Comment le tourisme, locomotive économique de notre territoire, doit-il opérer sa transition?

Il ne s’agit pas de mettre le pays sous cloche. On a besoin du tourisme car cela permet de générer des emplois, des recettes qui permettent de participer à la préservation de ces sites. Mais il faut qu’on trouve un équilibre après des années où le seul objectif était d’augmenter le nombre de touristes, se poser la question de ce qui est soutenable. Mais il ne faut pas utiliser l’écologie comme prétexte pour restreindre les libertés.

Dans ce contexte, quel regard portez-vous sur l’extension en cours de l’aéroport de Nice? Est-ce compatible avec l’objectif de neutralité carbone?

Nous devons diminuer nos émissions de gaz à effet de serre et la première source d’émissions est liée aux énergies fossiles. J’entends les partisans d’une radicalité qui disent: "Il faut tout suspendre." Les choses sont plus complexes. Les travaux permettent aussi d’accueillir des avions plus modernes, moins émissifs que les anciens. On est dans une transition qui nécessite d’assumer une forme de "en même temps". Je veux porter une écologie de responsabilité qui s’appuie sur un développement économique, mais qui s’installe dans un contexte. Ça suppose des compromis.

Le réchauffement climatique menace la survie des stations de ski. Dans les Alpes-Maritimes, celles de moyenne altitude soutiennent l’enneigement à grand renfort de canons à neige. Comment soutenir la transition de ces infrastructures? N’a-t-on pas atteint la fin d’un modèle?

Quel sera le climat au milieu du siècle? Nous travaillons avec des experts à l’élaboration, d’ici à la fin de l’année, d’un outil de simulation pour les habitants, les gestionnaires des stations de ski, les exploitants agricoles… On sera ainsi en capacité d’aider les responsables politiques, publics, associatifs, économiques à faire des choix.