Monaco
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En 1873, Monaco participe à sa première Exposition universelle à Vienne... et étonne le monde !

Il y a cent cinquante ans, en septembre 1873, l’Exposition universelle de Vienne en Autriche, qui avait débuté au mois de mai, touchait à sa fin. Les premiers palmarès des exposants commençaient à être proclamés et publiés dans la presse. La Principauté de Monaco s’était vu attribuer plusieurs médailles. Elle était fière. C’était la première fois que la Principauté participait à une Exposition universelle. Lors les expositions précédentes, dont la première avait eu lieu à Londres en 1851, Monaco n’avait pas osé participer.

En 1873 à Vienne, Monaco avait mis le pied dans la cour des grands. Cette exposition avait été voulue par le jeune empereur d’Autriche François-Joseph, mari de la célèbre Sissi.

Monaco construisit un adorable petit pavillon de style Renaissance italienne qui suscita la curiosité attendrie de tous les journalistes européens. À l’intérieur étaient présentés des produits de fabrication monégasque émanant de deux sources de production : la Société industrielle et artistique de Monaco et l’atelier de céramique de Monaco.

Laboratoire de chimie et pharmacie

La première avait été créée deux ans plus tôt par Marie Blanc, l’épouse de François Blanc, le créateur du Casino de Monte-Carlo et de la S.B.M. Ce laboratoire de chimie pour la pharmacie et la parfumerie était installé à la Condamine. Il produisait de la pâte de caroube, des essences d'eucalyptus, de l'eau de fleur d'oranger, de l'eau de Cologne, de la liqueur « La Gallia » à l'huile de café et de quinquina, ainsi que différentes poudres et onguents.

Quant à l’atelier de céramique, il était installé au-dessus des jardins du Casino, utilisant l’argile du sol. Il produisait d’admirables objets de poterie artistique.

L’assiduité des dames de Vienne

Le 2 septembre 1873, le journal mondain La Vie Parisienne, fit part de sa visite au pavillon monégasque : « Un grand succès dans un petit espace, et dont des exhibitions plus ambitieuses pourraient, à bon droit, se montrer jalouses. Le pavillon de Monaco ne désemplit point, et les dames de Vienne, s'y montrent assidues. Quoi d'étonnant à cela ? Non seulement cette exposition est intéressante par le nombre et la nature des objets que l'on y rencontre, mais elle a été disposée par le commissaire de la Principauté, M. Bertora, avec une habileté et un goût artistique qui se relèvent à chaque pas. Il est vrai d'ajouter que l'industrie monégasque est, par sa nature, bien séduisante. Qu'est Monaco ? Une corbeille de fruits et de fleurs jetée sur le rivage de la Méditerranée. Qu'expose-t-elle ? Des fleurs, des fruits, des essences, des parfums et les objets d'art qui empruntent à la flore du pays leur gracieuse ornementation. »

Sol béni

Quant au journal Le Figaro, il consacra un article plus complet le 29 juillet 1873 : « Au milieu de ce parc immense ou plutôt de cette vieille forêt danubienne transformée en jardin pour recevoir le palais de l'Exposition, il existe, entre autres constructions intéressantes, un charmant pavillon : c'est celui où la Principauté de Monaco. Jalouse de prouver qu'elle tient noblement sa place, elle aussi, dans les arts et dans l'industrie, la Principauté a réuni tout ce que produit son sol béni, tout ce qu'exécutent les meilleurs ouvriers de sa société artistique et industrielle. Là, dans un petit jardin de onze à douze cents mètres carrés, on a d'abord groupé cette délicieuse flore tropicale qui est une des richesses de Monaco ; aloès gigantesques, orangers mandarins, néfliers du Japon, pervenches de Madagascar, daturas d'Égypte, amarantes, que sais-je enfin les fleurs les plus rares, les plus inconnues ; puis, au milieu de cette oasis parfumée, on a élevé une mignonne maison italienne, dont la véranda renferme une collection unique de glaïeuls et d'amaryllis, et des spécimens de ces bois précieux : olivier, citronnier, oranger, caroubier, cyprès, que les artistes monégasques utilisent si bien ; des parfums, des grappes de cocons de vers à soie, qui sont la troisième récolte de l'année… Ce sont ensuite mille objets d'art qui témoignent du bon goût et du talent des artistes monégasques : coffrets en bois précieux, rehaussés de mosaïques en ivoire, jardinières ornées de bronzes dorés, une ravissante coupe en agate, montée dans le style de la Renaissance en argent ciselé, et surtout une superbe collection de poteries artistiques : plats Henri II et Palissy, vases imitations de Sèvres et de Giens jardinières et consoles tressées, ornées de fleurs en relief, véritable chef-d'œuvre d'élégance et d'originalité.

Puis c'est enfin l'industrie, qui n'est pas représentée d'une façon moins complète par une fonte d'échantillons intéressants des produits du laboratoire de Monte-Carlo, depuis la Gallia, cette délicieuse boisson tonique dont 300 000 bouteilles ont été envoyées gratuitement à nos soldats pendant la guerre, jusqu'aux essences, aux huiles et aux parfums qu'on distille dans cet important établissement. Et tout cela, flore, art, industrie, dans ce petit coin de terre de quelques lieues carrées de superficie où règne un printemps éternel. »

Avec de tels articles, l’attention de tous fut attirée sur Monaco.

Et c’est ainsi qu’en 1873, la Principauté entra à Vienne dans la valse des grands États.

L’empereur François-Joseph, organisateur de l’Exposition universelle 1873. (DR).