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Coupe du monde de rugby: Macron juge "préférable" que Chalureau ne soit plus en équipe de France s'il est condamné en appel

Le joueur sera fixé sur son appel le 14 novembre prochain, mais pour le président de la République, il ne fait aucun doute qu'il ne doit plus être sélectionné dans le XV de France, s'il est définitivement condamné.

Dans une interview accordée à l'Equipe, Emmanuel Macron a estimé qu'il serait "préférable" que le joueur de rugby Bastien Chalureau ne joue plus pour l'équipe de France si sa condamnation pour violences à caractère raciste était confirmée en appel.

"Ce serait préférable" 

Revenant sur l'affaire Chalureau, qui a fait l'actualité de l'équipe de France cette semaine, le chef de l'Etat a indiqué que "s'il y a des condamnations sur des faits graves, établis, qui touchent la cohésion de la nation, oui, ce serait préférable", que le deuxième ligne ne porte plus le maillot de l'équipe de France.

Bastien Chalureau, appelé vendredi dernier pour pallier l'absence sur blessure de Paul Willemse, a été condamné en 2020 par le tribunal correctionnel de Toulouse à six mois de prison avec sursis pour des "faits de violence avec la circonstance que ces derniers ont été commis en raison de la race ou de l'ethnie de la victime". Il a fait appel de ce jugement et sera fixé sur son appel le 14 novembre prochain.

"Il faut que la justice puisse se prononcer dans le temps qui est le sien, en toute sérénité. La présomption d'innocence et le droit de recours existent", a estimé Emmanuel Macron.

Selon le président de la République, le choix du sélectionneur du XV de France Fabien Galthié, de convoquer Bastien Chalureau, est "forcément le bon pour l'équipe". "Fabien sait ce qu'il (Chalureau) peut apporter au quinze de France, son alchimie avec les autres joueurs", a ajouté Emmanuel Macron.

"Je ne suis pas raciste" 

Chalureau est accusé par deux anciens joueurs de rugby de les avoir agressés après une soirée à Toulouse fin janvier 2020. "J'ai entendu une personne qui criait 'ça va les bougnoules?' Je me suis retourné et j'ai aperçu un gars costaud (...) Il continuait sans cesse ses insultes racistes. J'ai voulu me retourner et il m'a décroché un coup de poing de toutes ses forces dans la mâchoire", avait raconté l'un d'eux, Yannick Larguet, dans le quotidien régional La Dépêche du Midi.

Au cours d'une conférence de presse en début de semaine, le joueur s'est exprimé devant la presse et a répété "je ne suis pas raciste", en tentant de mettre fin à la polémique entourant sa sélection. "Ce que je peux vous dire, c'est que j'ai avoué mes erreurs, que j'ai payé mes dettes et que je nie tout propos raciste. Je ne suis pas raciste", a affirmé à la presse le deuxième ligne de Montpellier, âgé de 31 ans, à Rueil-Malmaison où est basée l'équipe de France.

"On a discuté avec le staff de l'équipe de France: ils savaient depuis le début, la procédure est ancienne et connue par beaucoup de personnes", a-t-il souligné, visiblement ému, évoquant aussi sa famille. "Ça touche pas que moi", a-t-il ajouté, avant de fondre en larmes.

Un choix de le sélectionner que n'aurait pas fait Pierre Rabadan, ancien joueur de rugby pro et adjoint aux sports de la ville de Paris. Ce dernier a déclaré mardi qu'il n'aurait pas sélectionné Bastien Chalureau pour la Coupe du Monde de rugby.

Interrogé sur la polémique lors d'une visite de presse du "village rugby", la fan zone installée place de la Concorde pour le coup d'envoi du Mondial vendredi, l'ancien joueur du Stade français a expliqué qu'il n'aurait pas fait ce choix. "C'est un sujet compliqué. Je connais très bien l'histoire, parce que j'ai connaissance de joueurs qu'il a agressés. (...) A titre personnel, je pense que je ne l'aurais pas mis dans le squad qui préparait la Coupe du monde", a-t-il dit.

Les Bleus, qui font partie des favoris lors du Mondial organisé sur leur sol, entament la compétition vendredi 8 septembre au Stade de France face à la Nouvelle-Zélande, triple championne du monde (1987, 2011, 2015).