Monaco
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

"Ça ne va pas être gérable, on pourrait juste rajouter quelques lignes aux heures de pointe": les usagers de ces lignes de bus intercités n’en peuvent plus

Les horaires et la fréquence des lignes Nice-Sophia, notamment la 630, ont changé début septembre. Le service s’est gravement dégradé selon de nombreux usagers. La Région répond.

Olivier Sclavo

Les usagers de la ligne 630 grondent contre "un service qui est de plus en plus médiocre". (Photo Frantz Bouton)

l’encontre du bon sens", "pas gérable", "un scandale", "on pousse les gens à reprendre leur voiture", etc. Sur la page et le groupe Facebook Lignes 630/631/632/637 Nice-Sophia, les commentaires et témoignages d’usagers de la capitale azuréenne, de la technopole d’Antibes mais aussi d’élèves de Valbonne désemparés, désespérés et furieux se multiplient depuis début septembre.

En cause? La modification des horaires de ces bus qui lient deux des centres névralgiques de l’économie des Alpes-Maritimes.

Payer plus cher pour moitié moins de bus

Le cœur du problème: la ligne 630. Une liaison qui relie, depuis la fin du mois d’août, la gare routière Vauban, à l’est de Nice, et Sophia Antipolis et qui a vu sa fréquence divisée par deux. "Avant, c’étaient des bus toutes les 30 minutes", constate Natacha Baurens. Interne en pédiatrie à Lenval, elle se "retrouve à attendre parfois 1 heure ou plus". "Ça ne va pas être gérable, lâche-t-elle. On pourrait juste rajouter quelques lignes aux heures de pointe."

"Les bus qui partent de Vauban sont complets entre Magnan et Carras", abonde Ghislain Pastorelli.

Le créateur de la page Facebook et d’un site d’information sur ces lignes est à la réception de ces milliers de témoignages et tente de faire ce lien avec l’opérateur Kéolis qui exploite ces lignes. Car moitié moins de bus c’est aussi l’assurance d’engins bondés.

Les témoignages abondent sur cet aspect-là aussi: passagers obligés de s’asseoir dans le couloir pendant le trajet, montée refusée pour des usagers, tris des "priorités" par certains chauffeurs… Le bazar.

À ces frustrations quotidiennes s’ajoute l’augmentation en janvier du prix des abonnements et des retards à répétition. Dur à avaler pour un service qui se dégrade.

"Je n’en reviens pas qu’on en revienne à des horaires allégés alors qu’on a essuyé des années où les gens restaient à quai car les bus étaient pleins", rappelle Lucie, qui prend cette ligne "depuis 18 ans".

Quelques points positifs

Mais si les doléances sont légion, certaines améliorations ont également été notées. "La ligne 631 s’est étoffée et la 632, au départ du parc Phœnix, a été créée, pointe Ghislain Pastorelli. La ligne 637 [Cap 3000 - Sophia] fonctionne maintenant le samedi et, ce jour-là, elle va jusqu’au parc Phœnix".

Par ailleurs, après la gronde qui a soufflé de toutes parts, Kéolis a réaménagé ses horaires mi-septembre. Si l’offre de transports ne semble toujours pas à la hauteur des attentes, Ghislain Pastorelli y voit de "l’écoute": "15 jours pour des modifications c’est pas mal, plutôt réactif", estime le Niçois.

"Soumettre une offre plus dense en janvier 2024"

"Depuis le 28 août, en raison des travaux de réaménagements dans Nice et des restrictions de stationnement qui en découlent, la Région Sud a été contrainte de modifier les terminus dans Nice de la ligne 630", entame l’instance régionale en charge des transports intercités qui assure avoir communiqué ces changements « dès le 21 août ».
La Région argumente : "Les départs de la gare Vauban [un des trois points de départ proposé avec le parc Phœnix et l’arrêt Alsace-Lorraine] sont les plus demandés mais les plus longs en temps de parcours", "rallongés de 12 minutes par les aménagements de voirie". Les départs se font toutes les 20 à 30 minutes entre 6 et 9 heures. Une "nouvelle organisation qui entraîne d’importants moyens supplémentaires" et qui "ne permet pas de conserver la même fréquence que précédemment".
" Les trajets ont été allongés entre Nice et Sophia Antipolis, nécessitant un réaménagement des horaires, plus espacés", poursuit la collectivité qui estime que "le cadencement ne peut pas être assuré sur les trois antennes [points de départs]" et que le "nombre de départs cumulés sur les trois antennes est supérieur à ce qu’il était".

Un nouveau départ dans le centre de Nice ?

"La Région Sud a pris la juste mesure des mécontentements exprimés", assure-t-on depuis Marseille. Conséquence : depuis le 14 septembre, un départ a été rajouté, le matin, depuis Nice Vauban, deux autres, en fin d’après-midi, depuis Sophia et parc Phœnix, et un départ a été "décalé le mercredi pour répondre aux demandes des lycéens".Le conseil régional annonce aussi qu’une étude "a (...) été lancée avec Keolis pour proposer et soumettre aux usagers une nouvelle offre plus dense en janvier 2024" avec "un départ de Nice centre-ville entre les deux départs actuels et le renforcement de la flotte du soir au départ de Nice [qui] sont envisagés".


Enfin, "une nouvelle communication plus ciblée va être faite pour mieux valoriser les départs de Nice Phœnix qui restent peu utilisés"

Deux pétitions en ligne

Pour montrer l’ampleur de la grogne contre ces changements, deux pétitions (1) ont été mises en ligne le 19 septembre. Celle réclamant « Plus de Bus Zou 630 et 631 !!! » a dépassé les 100 signatures. Son créateur, « Usager ZOU », qui a tout l’air d’être un parent d’élève, pointe le « calvaire » qui se répète « à chaque rentrée ». « Nos enfants se retrouvent seuls à attendre des heures dans les rues [...], laissent attendre “les retardataires “sur les trottoirs. » La demande se veut claire : « Une offre adaptée aux besoins réels avec plus de bus le matin et le soir sur les lignes 630 et 631 aux heures de pointe ».

Quasiment au même moment, Alexandra Benchetrit publiait sa pétition « Bus 630 Nice/Sophia express » qui a recueilli plus de 250 signatures. Elle fait remarquer que cette nouvelle offre de transports est « pénalisante sur le plan écologique puisque les usagers reprennent leur véhicule pour pouvoir arriver à l’heure ». Elle dénonce le surplus de « stress, non seulement pour les usagers mais aussi pour les chauffeurs qui supportent le mécontentement des passagers. »

Pour la Cannoise qui « ne se déplace qu’en transports en commun sur la Côte » il faut « le retour des anciens horaires », conclut-elle, en majuscule et assorti de trois points d’exclamation dans la présentation de sa pétition.