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À Levens, les terrains de la discorde de Siga Suprana

La mise à la vente de quatre parcelles agricoles par la commune a fait débat lors du dernier conseil municipal, laissant planer le doute sur un possible conflit d’intérêts.

Eric Galliano

Les parcelles de la discorde dont veut se séparer la commune de Levens se situent en zone agricole dans le quartier de Siga Suprana. Photo Marie Richard

Vendredi 22 septembre, jour de conseil municipal à Levens. Une assemblée express. Il aura fallu moins de 30 minutes pour examiner huit des neuf dossiers à l’ordre du jour... Presque autant pour clore les débats, pour le moins animés, qui ont agité l’examen d’une ultime délibération: celle relative à la vente de quatre terrains situés en zone agricole.

Ces parcelles situées à la limite de la commune de Saint-Blaise – dans les quartiers de Siga Suprana et de Co di Rossu – la municipalité levensoise en a hérité il y a à peu près "un an".

Déclarées biens vacants et sans maître, elles sont tombées dans l’escarcelle municipale. N’en ayant que faire, Levens a décidé de les vendre à la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) pour qu’elle les rétrocède à son tour à un agriculteur.

Rien de bien extraordinaire jusque-là... Sauf à savoir que l’un des candidats au rachat de ces 9.099mètres carrés estimés par les Domaines à 27.300 euros n’est autre que le propre fils du maire, Antoine Véran. Celui-ci ne s’en cache pas.

L’élu ne fait guère mystère qu’il est "déjà propriétaire de tous les terrains alentour" et que son fils s’est porté acquéreur desdits terrains auprès de la SAFER.

"Parce que mon petit-fils envisage de devenir oléiculteur", explique le maire qui se défend de tout conflit d’intérêts.

"Parce que c’est illégal"

Ce n’est manifestement pas l’avis de certains de ses adjoints.

Thierry Mieze, en charge des Affaires culturelles, est le premier à s’interroger ouvertement: "Pourquoi la commune ne rétrocède-t-elle pas directement ces parcelles? Y a-t-il des agriculteurs déjà implantés autour qui pourraient être privilégiés par la SAFER?"

C’est la directrice générale des services qui lâche le nom de Yann Véran, fils du maire et lui-même conseiller municipal. Même s’il y en a peut-être d’autres, tente de plaider Jean-Claude Ghiran qui s’est vu confier la présentation de cette ultime délibération.

Le maire a en effet quitté le conseil municipal prématurément juste avant cet ultime dossier: "J’avais d’autres obligations. De toute façon je n’aurais pas participé au vote même si j’avais été là. Pas plus que mon fils qui lui était absent", assure Antoine Véran.

Mais pour Thierry Mieze, ce ne serait pas suffisant: "Il y a quelques articles du code des collectivités et du code de procédure pénale qui nous oblige. Or, Yann Véran fait partie de cette noble assemblée. Et cela me gêne..." Au point que l’adjoint à la Culture décide finalement de voter contre cette délibération. Tout comme celui délégué à l’Urbanisme, François-Dominique Seince, qui explique son opposition tout simplement parce qu’il estime que "c’est contraire à loi".

Plus qu’un problème de droit, le maire lui y voit "de la jalousie" de la part d’un "élu qui est en train de quitter la commune et ne devrait même plus y siéger" et un autre "qui a des velléités de se présenter" contre lui. Antoine Véran le martèle: "Il n’y a aucun conflit d’intérêts dans cette affaire!"