Cameroon
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Cameroun : la crise de l’unité nationale

Pourquoi la crise de l’unité nationale actuelle ? Pourquoi cette forte résurgence des replis identitaires et des irredentismes communautaires ?

La recherche et la production des réponses à ces questions essentielles demeurent très insatisfaisantes au sein de notre espace public actuel. La plupart des tentatives d’explication restent soient teintées de subjectivité identitaire, soit simplement limitées par une grille d’analyse empreinte d’angelisme ou encore très éloignée des réalités sociopolitiques profondes de la société.

En réalité, le mal est plus profond que ce que l’on peut imaginer. Les spasmes et soubresauts travaillant le pays et caractérisant le discours public actuel sont révélateurs d’une profonde crise de l’unité nationale.

Les fondements de cette crise sont d’essence historique, institutionnelle et politique. Les poussées de fièvre auxquelles l’État est soumis sont tout simplement la conséquence de la survivance des valeurs et réalités de notre histoire coloniale. Les immenses déséquilibres issus de l’ordre colonial toujours en vigueur au sein de l’appareillage institutionnel et politique de l’État, qui en font une rente de situation pour certains, produisent une résonnance de plus en plus négative au sein de la société générale.

Dans un univers par ailleurs travaillé par une austérité structurelle toujours d’essence coloniale, il n’est pas étonnant qu’une certaine entropie s’installe. Dans un tel contexte, l’instinct de survie prédomine et pousse chacun dans un mouvement de « Sauve qui peut ». En même temps, les dynamiques coloniales du système du « parti -Etat » au principe de tout ce chaos figent la société dans une impuissance caractérisée.

L’ensauvagement de la parole publique et la haine de l’autre s’intensifient sans que les dirigeants ne soient plus en capacité de stopper cette spirale infernale des bas instincts tribalistes. Plus que jamais, il est indispensable de refonder ce vieil appareillage institutionnel et politique de l’État. Il est impératif de démanteler le système néocolonial du parti-Etat. Il est urgent de rebâtir l’État sur des bases plus inclusives, plus équitables et véritablement démocratiques. La société est malade parce qu’assoiffée de justice, de rectitude et de liberté. La déconstruction de la structure coloniale de l’État est, par conséquent,un préalable incontournable.

D’autres ingrédients d’ingénierie politique devront certainement être également mobilisés. A cet égard, tous les outils linguistiques, culturels et politiques susceptibles de promouvoir la conscience républicaine et l’unité nationale devraient être ardemment développés.
Mais par-delà ces outils et encore une fois, la Refondation de l’édifice institutionnel et politique de l’État dans une logique plus juste et plus équilibrée, constitue le principe actif essentiel de la thérapeutique à mettre en oeuvre sans délai.

Un gouvernement de Transition et d’union nationale se révèle donc indispensable pour accomplir ce noble dessein.
La proposition ci-dessus à été conçue à titre préventif car nous n’avons pas le droit d’attendre que notre pays soit d’abord soumis à des extrémités critiques pour enfin envisager de vraies solutions. Mettons le pays à l’abri maintenant !

Dieu bénisse le Cameroun !